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Être défenseur en 2012 Envoyer
Mercredi, 25 Janvier 2012 14:55
KRIS LETANGMême si les Guy Lafleur, Patrick Roy ou Mario Lemieux se font de plus en plus rares dans la LHJMQ, le circuit junior québécois produit  encore aujourd'hui son lot de hockeyeurs talentueux. Claude Giroux et David Perron en sont deux des exemples les plus récents parmi les attaquants ayant percé. Attardons-nous donc plutôt sur la défensive, les défenseurs graduant du circuit Courteau...

La majorité des québécois évoluant actuellement au sein de la LNH semblent partager les mêmes qualités. Ils sont petits, rapides et talentueux... Vous n'avez qu'à penser aux Kris Letang, Marc-Édouard Vlasic, Marc-André Bergeron, Bruno Gervais, Jason Demers etc... Plusieurs questions me viennent donc en tête...

- Où sont passé les défenseurs québécois robustes et défensifs?
- À quand la dernière édition d'Équipe Canada Junior alignant 2 ou 3 frogs à la ligne bleue?
- Reverra-t-on un jour des André Dupont, Gilles Lupien ou Pierre Bouchard sortir de la LHJMQ?
- Des joueurs comme F. Bouillon et F. Beauchemin font-ils partie d'une race en voie d'extinction?

N'étant capable de répondre à ces questions, je m'en suis alors poser une autre : Pourquoi en sommes-nous rendus là?

Avec les règles en place dans le hockey rapide d'aujourd'hui, devenir un bon défenseur ne semble pas être une mince affaire. Il s'agit probablement de la position la plus difficile à maîtriser de nos jours. Les moins jeunes d'entre nous se rappellent très bien du bon vieux hockey où le défenseur pouvait aider son coéquipier en bloquant le premier joueur adverse en échec avant, lui donnant ainsi une seconde supplémentaire pour effectuer la relance. En désavantage numérique, le défenseur avait même le privilège de chasser les attaquants adverses de l'enclave de son gardien à coup de double-échecs!

Hockey Québec

Il est facile de croire qu'Hockey Québec freine le développement des défenseurs physiques avec sa réglementation. Nous n'avons qu'à penser à l'instauration du système de points Franc Jeu, unique au Québec. Lorsque retenir un plus petit joueur ou lui assener une mise en échec peut te faire perdre des points au classement, est-ce normal? Nous pourrions aussi parler de la mise en échec au hockey mineur, toujours interdite chez les Pee-Wee. Cette réglementation, aussi unique au Québec, empêche les meilleures équipes Pee-Wee de la province de se frotter aux meilleurs joueurs de la planète lors du Tournoi International Pee-Wee!

L'entraîneur chef des Olympiques de Gatineau Benoit Groulx mentionnait ceci au collègue de RDS Nicolas Landry : « Quand, dès le niveau Pee-Wee, on garde seulement des joueurs de finesse, au bout de la ligne on va produire des joueurs de finesse. Je ne dis pas qu'il ne faut pas favoriser le talent, mais en même temps, il faut faire attention pour ne pas écarter trop vite une certaine catégorie de joueurs. (...) Le petit gars qui veut jouer Pee-Wee AA mais qui ne fait pas l'équipe parce qu'il n'est pas assez vite, il risque de lâcher ou de s'en aller jouer dans le CC, où il demeurera catalogué pour le reste de son passage au hockey mineur».

LHJMQ

La robustesse a toujours fait du hockey, professionnel comme junior. Cependant, depuis l'incident Nadeau-Roy et l'intervention de Michelle Courschenes, la LHJMQ semble marcher sur deux œufs. Elle semble vouloir éviter la mauvaise presse, se faire rassurant auprès des hockey moms et ainsi voguer tranquille en cette ère du Politicly correct. Jusqu'à tout récemment les mises échec étaient boycottées des Jeux de le Semaine de la LHJMQ! Puis, il y a le débat sur l'abolition des bagarres...

Une ligue se targuant d'être la Fast Track to the NHL ne devrait-elle pas avoir la même philosophie et la même réglementation que le circuit Bettman? Les Bruins de Boston auraient-ils gagné la coupe Stanley au printemps dernier s'ils avaient levé le nez sur les Thornton, Lucic et Chara? Toujours au printemps dernier, les Sea Dogs auraient-ils battu les Olympiques de Gatineau sans le but décisif d'Alexandre Beauragard, acquis spécifiquement pour le jeu rude des séries?

D'autres réponses auxquelles nous ne pourront jamais répondre avec certitude.

Au cours de mes premières saisons dans le giron des Foreurs de Val d'Or, j'ai eu la chance de voir évoluer de près quelques bons défenseurs physique possédant un bon sens du hockey. Je pense entres autres au valdorien Shawn Mortin-Boutin qui évolue actuellement en Arizona, à Marco Scandella présentement avec le Wild de Minnessota ou plus récemment à Gabriel Beaupré, un pilier à la ligne bleue du Vert et Or cette saison.

Depuis le début des années 90, le hockey a beaucoup changé. Je crois même qu'au Québec, nous l'avons reformé davantage que l'éducation. Évidemment, d'autres changement surviendront au cours des prochaines années. Il ne reste qu'à se croiser les doigts et espérer que ces changements redonnent ses lettres de noblesses au hockey québécois. Qui sait? Votre petit petit-fils sera peut-être le prochain André Dupont, Gilles Lupien ou Pierre Bouchard?!

 
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