Dans le monde très masculin qu’est le hockey, Josée Lemieux n’hésite pas à faire sa place afin de partager sa passion pour la psychologie sportive. On l’aperçoit ici en compagnie de quelques joueurs de l’équipe midget espoir de Drummondville.

(Photo : Ghyslain Bergeron)
Un vestiaire de hockey, que ce soit celui d’une équipe de calibre professionnel, junior ou mineur, renferme bien des secrets. Dans ce monde souvent réservé aux hommes, Josée Lemieux n’hésite pas à faire sa place afin de partager sa passion pour la psychologie sportive.
«Quand je rentre dans un vestiaire pour la première fois et qu’il y a 18 gars devant moi, ils se demandent ce que je vais pouvoir leur apprendre. Je dois rapidement établir ma crédibilité, mais habituellement, ce n’est pas long. Je dirais même que très souvent, le fait d’être une femme devient un énorme avantage. La curiosité l’emporte et une familiarité particulière finit par s’installer. Je leur dis que je ne suis pas là pour leur parler de la technique – je laisse ça à l’entraîneur -, mais je leur demande de ne pas me sous-estimer en ce qui a trait à l’aspect mental. À la fin, ils ne regrettent pas de m’avoir fait confiance», raconte-t-elle avec entrain. À la tête de Formation Intelli-Sport, une entreprise se spécialisant dans l’enseignement de la psychologie sportive, Josée Lemieux se fait donc l’intermédiaire entre les joueurs, les parents et les entraîneurs. «À titre de consultante en intelligence sportive, j’offre une porte ouverte qui permet aux joueurs de se confier, de s’expliquer, de se justifier et d’être honnête, ce qu’ils ne font pas toujours avec leurs entraîneurs. Ces derniers n’ont pas le temps pour faire ça et de toute façon, ce n’est pas leur rôle», témoigne-t-elle. Originaire de Trois-Rivières, Josée Lemieux s’est installée dans la région de Drummondville il y a une douzaine d’années après avoir complété un baccalauréat en génagogie (dynamique de groupe). Sa passion pour la psychologie sportive, c’est en rencontrant des joueurs professionnels dans le cadre de son emploi de journaliste pour le site Web du Réseau des sports qu’elle l’a développée. «Ma spécialité, c’était de dresser des profils de joueurs professionnels. Aujourd’hui, je m’inspire souvent de leurs techniques mentales, en m’assurant toujours qu’elles ont été approuvées par des sommités en la matière», explique-t-elle. Au fil des ans, plusieurs centaines de joueurs de divers calibre (du hockey mineur jusqu’au junior majeur) ont fait appel aux services de Josée Lemieux. Depuis deux ans, elle travaille en étroite collaboration avec l’entraîneur et les joueurs de l’équipe midget espoir de Drummondville. «Mon but, c’est de permettre aux joueurs de s’accomplir tant au niveau sportif, qu’aux niveaux académique et social. Pour ce faire, mes plans d’animation sont à la fois théoriques et pratiques. Dans chaque intervention, j’essaie de faire vivre la psychologie sportive aux athlètes. Bref, il ne suffit pas de leur enseigner les techniques, il faut les convaincre de les utiliser», explique la femme de 40 ans. À titre d’exemple, Formation Intelli-Sport offre un module d’intervention sur le contrôle des émotions, un aspect souvent problématique pour certains joueurs, surtout à l’approche des séries éliminatoires. «Dans le sport, tu ne peux pas faire quoi que ce soit si tu n’es pas détendu, d’où l’importance des techniques de relaxation, affirme Josée Lemieux. Dans ce module, je demande donc aux joueurs de se coucher par terre et de demeurer concentrés grâce aux techniques de relaxation, peu importe ce qui se passe dans la pièce. On peut alors faire du bruit, les arroser ou n’importe quoi, toujours dans le but de leur faire travailler leur technique. Le but, c’est que ça devienne un réflexe et que ça fasse partie de leur personnalité une fois qu’ils sont rendus sur la patinoire.» Quant aux problèmes du Canadien de Montréal, qui traversait un long creux de vague au moment où La Parole d’Affaires a rencontré Josée Lemieux, cette dernière estime qu’ils permettront aux joueurs d’en sortir grandis. «Ça prouve simplement que l’intelligence sportive, ça se développe continuellement, même chez les pros. Que tu sois un athlète professionnel ou un joueur de calibre midget espoir, tu dois d’abord commencer par apprendre à apprendre. C’est la base du développement de tout joueur», conclut Josée Lemieux.
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